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L 'HOMOSEXUALITE : UNE NOUVELLE APPROCHE.

Qu'est-ce que l'homosexualité ?

Un nouveau regard

Une réévaluation de la position morale

Elizabeth Moberly est une psychologue anglaise qui a accompagné en Angleterre et aux Etats-Unis des personnes ayant une inclination affective vers quelqu'un du même sexe et se trouvant donc confrontées à l'éventualité de choisir une vie « gay ». Nous donnons ici un résumé de son livre principal, lequel n'est malheureusement pas encore traduit en français.

1- Qu'est-ce que l'homosexualité ?

Dans ce débat qui divise l'opinion, nous discutons souvent de la légitimité ou de la normalité de l'acte homosexuel et nous sommes constamment confrontés à une fausse dichotomie. En effet, en nous concentrant exclusivement sur l'expression sexuelle de l'homosexualité, nous avons réduit à la fois la question et les réponses possibles au problème. Le débat n'est pas allé assez loin : nous devons explorer la condition homosexuelle en elle-même.

Mon interprétation présuppose que l'homosexualité ne dépend pas d'une prédisposition génétique ou d'un déséquilibre hormonal, mais des difficultés dans la relation parent-enfant.

Au sein de détails très complexes, un principe constant sous-entend le phénomène de l'homosexualité : qu'il s'agisse d'un homme ou d'une femme, l'homosexuel (le) a souffert d'un déficit dans sa relation avec le parent du même sexe : il existe par conséquent une pulsion pour compenser ce déficit, par l'intermédiaire du même sexe, c'est-à-dire par des pulsions homosexuelles.

Les causes de l'homosexualité sont d'une très grande complexité et je ne veux pas dire qu'il y a nécessairement eu mauvais traitement ou abus ou sévices du parent du même sexe. Mais d'une manière ou d'une autre, il y a eu interruption dans l'attachement avec le parent du même sexe, souvent au travers d'un éventail d'incidents.

Quels qu'aient été les incidents, l'enfant a ressenti quelque chose de douloureux dans sa relation avec la parent du même sexe, et c'est cette souffrance qui le pousse à ne plus vouloir être en relation avec une source d'affection qu'il ressent comme pénible.

Le comportement avec ce parent n'a donc plus de signification, puisque l'enfant ne peut plus communiquer normalement avec lui (elle).

Ajoutons que les enfants de mêmes parents ne seront pas tous affectés de la même manière. Il n'existe donc pas de similitudes d'environnement, mais plutôt des difficultés spécifiques personnelles dans des relations individuelles. L'homosexualité n'est pas causée par des difficultés dans la relation parent-enfant ; elle est elle-même (intrinsèquement) un déficit dans la capacité de l'enfant à communiquer avec le parent du même sexe ; et cette carence se projette sur les membres du même sexe.

C'est l'attachement avec le parent du même sexe qui comble chez l'enfant le besoin d'être aimé par ce parent et de s'identifier à lui (elle). Si cet attachement est interrompu, il y a non seulement rupture de l'attachement, mais surtout détachement défensif. C'est cette résistance à l'attachement qui marque la cassure permanente dans la capacité relationnelle de l'enfant. La pulsion homosexuelle a pour moteur principal le besoin de compenser des déficits dans la relation parent-enfant.

Le détachement défensif et la pulsion correspondante de compenser (de renouer avec) ce détachement implique une ambivalence par rapport au même sexe. La condition homosexuelle présente donc un double aspect, à la fois négatif (éviter) et positif (renouer). Ce ne sont pas deux types de déficits différents, mais deux aspects du même déficit affectif. C'est précisément cette ambivalence qui est l'essence de la condition homosexuelle, à la fois chez l'homme et chez la femme.

Cette structure globale d'ambivalence implique des composantes variées. Cela peut sembler surprenant, mais le détachement défensif peut être marqué par de l'hostilité, qu'elle soit latente ou déclarée. L'animosité non résolue qui a été la réaction première (de l'enfant) au comportement blessant du parent du même sexe peut se généraliser et être activée dans toute interaction avec les représentants du même sexe.

L'aspect négatif de l'ambivalence peut devenir apparent dans la vie adulte, bien qu'il ne s'agisse pas d'une manœuvre adulte en tant que telle. Il s'agit plutôt de la ré-émergence de la réaction défensive refoulée de l'enfant.

Un détachement défensif envers le parent du même sexe peut aussi entraver le processus normal d'identification avec le même sexe. La rupture d'attachement avec le parent du même sexe peut conduire non pas à une identification avec le sexe opposé, mais plutôt à une désidentification avec le même sexe. La fixation de l'homosexuel mâle vis-à-vis de la mère semble donc être plutôt un effet qu'une cause.

Etre attaché à sa mère est tout à fait normal. Toutefois, s'il y a eu détachement défensif vis-à-vis du père, le seul canal d'attachement qui reste est celui de la mère. Cette fameuse fixation sur la mère de la part de l'homosexuel mâle est en fait non pas un attachement anormal au sexe opposé mais un détachement anormal vis-à-vis du même sexe.

En conclusion, la barrière défensive principale de l'homosexuel, et sa difficulté à communiquer, est envers le même sexe et non vers le sexe opposé.

Le détachement implique que les besoins qui sont normalement comblés par un sain attachement demeurent insatisfaits. Il y a donc une pulsion réparatrice censée restaurer l'attachement et combler les besoins d'amour de dépendance et d'identification.

Chez la femme, il s'agit de la quête d'un substitut maternel destiné à combler le déficit d'amour maternel, que cette quête soit consciente ou inconsciente.

De même, chez l'homosexuel masculin, il y a une quête similaire pour combler des besoins insatisfaits. Cette recherche est plus évidente lorsque l'homme recherche des partenaires virils, cherchant ainsi à obtenir une injection de masculinité au travers d'une identification avec le partenaire.

Ce que l'homosexuel recherche, c'est combler son besoin normal d'attachement qui a été anormalement négligé dans le processus de croissance.

Les besoins psychologiques de l'homosexuel sont souvent exprimés sexuellement, mais ils existent indépendamment de toute expression sexuelle. Une saine et bonne relation non sexuelle avec un membre du même sexe est un autre moyen de combler ses besoins. L'ambivalence envers le même sexe est la condition homosexuelle. Et chaque aspect, le positif ou le négatif, peut être prédominant. L'aspect efféminé de certains homosexuels et la quasi masculinité de certaines lesbiennes peuvent être une représentation concrète du détachement défensif. Egalement, une préférence marquée pour la compagnie de l'un ou l'autre sexe peut indiquer la domination soit de l'aspect positif soit de l'aspect négatif de l'ambivalence.

Lorsque le déficit relationnel avec le même sexe est très profond, le processus de détachement défensif peut être radical et conduire à une totale désidentification, qui explique de nombreux cas de transsexualisme. Le transsexualisme peut être considéré comme une dislocation au niveau du genre. Il diffère de l'homosexualité en degré d'intensité, et non en genre, il doit être considéré comme un problème d'identité.

Tout incident qui interrompt l'attachement de l'enfant au parent du même sexe peut aboutir à la condition homosexuelle, et cela peut être clairement illustré dans le cas de séparations très précoces. De telles séparations, même si elles sont relativement brèves conduisent à un processus typique de deuil (chagrin) : Protestation face à l'absence du parent aimé, suivi de désespoir, ce qui nous conduit finalement au détachement. Lorsqu'il retrouve son parent, l'enfant peut osciller entre le rétablissement complet de la relation, l'indifférence, l'hostilité (détachement) et un comportement possessif (attachement). Mais si le processus de deuil n'a pas été bien géré, l'enfant peut continuer à refouler ses reproches contre la source d'affection et persister dans un détachement défensif. Ses besoins affectifs cesseront donc d'être satisfaits. C'est l'absence du parent, et une défense contre l'attachement à ce parent, qui fait d'un enfant un « orphelin psychologique ».

Nous parlons donc ici d'une blessure intra-psychique, refoulée dans la personnalité depuis la petite enfance, et qui a enrayé le processus normal de croissance psychologique depuis cette époque.

Le processus de deuil non résolu chez un jeune enfant persiste dans les années adultes. Comme dans tout cas de décès (deuil), notre réaction ne doit être ni la peur, ni l'hostilité mais la compassion.

2- Un nouveau regard

Il importe de considérer le phénomène de l'homosexualité comme un tout, afin d'évaluer ce qu'elle est et ce qu'elle n'est pas.

La condition homosexuelle est une ambivalence envers le même sexe, et pas seulement une affection envers le même sexe. Elle implique en effet un problème dans la capacité d'une personne à être en relation avec les représentants de son propre sexe. Il y a donc déficit relationnel envers le même sexe plutôt qu'envers le sexe opposé.

Ainsi des tentatives de relations hétérosexuelles ne sont pas la solution à l'homosexualité, puisque le sexe opposé ne peut rien faire pour combler des déficits affectifs, émotionnels et relationnels avec le même sexe.

L'aptitude à entretenir des relations d'affection avec le même sexe est le processus naturel pour une résolution positive de la pulsion homosexuelle..

Souvenons-nous en effet que la condition homosexuelle n'implique pas des désirs anormaux, mais des désirs normaux qui n'ont jamais été comblés (et ont donc été plus tard érotisés). Ils ont été anormalement délaissés. Les besoins en tant que tels sont normaux ; c'est le fait qu'ils n'aient pu être normalement satisfaits ou que leur réalisation ait été entravée qui doit être taxée d'anormal. La double réponse doit donc prendre en compte le désamorçage du détachement défensif et la réalisation des besoins non comblés (sans avoir recours à une activité sexuelle).

Dans la condition homosexuelle, des besoins affectifs et psychologiques qui sont essentiellement pré-adultes persistent dans une personne devenue adulte.

L'activité homosexuelle implique l'érotisation de carences dans le développement de la personne et il s'agit, fondamentalement, d'une confusion des besoins émotionnels du non-adulte avec les désirs physiologiques de l'adulte.

Un attachement avec une personne du même sexe n'est donc pas mauvaise en elle-même. C'est le sexualisation de l'amitié qui est fausse. En fait, la question de savoir si l'acte sexuel est acceptable ou non au sein de l'homosexualité est une fausse question, car la condition homosexuelle n'est pas sexuelle dans son essence.

Le problème principal est de savoir ce qui est nécessaire à la croissance et au développement qui mène à la maturité psychologique et ce qu'il faut faire pour compenser les déficits.

La solution n'est donc pas l'activité sexuelle. Malheureusement, la pure abstinence a été longtemps considérée comme une solution. Il ne faut ni ignorer les besoins réels de l'homosexuel (le) (point de vue du conservateur), ni les laisser aller à leur pente sexuelle (point de vue libéral).

L'homosexualité est à la fois un état d'incomplétude et une pulsion vers la complétude. Cette tentative réparatrice est la solution et non le problème. Le processus normal de croissance a été interrompu et le désir d'affection avec le même sexe est en soi un essai de restaurer l'attachement interrompu. C'est ce à quoi tend l'homosexuel (le).

Le résultat final du processus de croissance est l'hétérosexualité, que l'on définit comme la capacité d'une personne de communiquer avec les autres en tant que membre psychologiquement achevé de son propre sexe.

La véritable hétérosexualité est fondée sur une structure de personnalité hétéro-psychologique.

L'hétérosexualité a été souvent définie uniquement par rapport au sexe opposé. En fait, elle peut être définie comme la capacité à communiquer avec les membres des deux sexes, elle n'est pas une simple question de sexualité mais d'identité de genre.

Ce n'est pas le comportement hétérosexuel en tant que tel qui fait de quelqu'un un hétérosexuel, mais la réalisation de ses besoins par rapport au même sexe.

Les homosexuel(les) communiquent avec les membres du même sexe et du sexe opposé en tant que membres incomplets de leur propre sexe. La solution consiste donc pour eux à devenir des membres complets de leur propre sexe. C'est seulement ainsi que l'on devient véritablement «hétéro», vraiment autre (complémentaire) que le sexe opposé.

L'homosexualité (incomplétude par rapport au même sexe) tend vers un but au-delà d'elle-même et ce but est l'hétérosexualité (complétude par rapport au même sexe). A l'inverse, l'hétérosexualité n'a aucun but au-delà d'elle-même.

On peut donc comprendre pourquoi l'immaturité, tellement souvent citée comme marque de l'homosexuel (le) a en fait une double implication. L'immaturité, ou croissance incomplète, implique que l'homosexualité n'est pas normative. Elle n'est pas le but du développement humain. Tant que les besoins homosexuels n'ont pas été comblés il n'existe aucune base pour une réaction vraiment hétérosexuelle.

Réprimer ou refouler la pulsion réparatrice de l'homosexuel, c'est avoir l'assurance que la condition homosexuelle ne sera pas résolue. Car le désir (et besoin) d'affection avec des membres du même sexe fait partie de toute croissance normale et il doit absolument être satisfait. La capacité d'affection pour le même sexe est donc en elle-même le processus naturel de guérison pour ces déficits vis-à-vis du même sexe, et il est vital de coopérer avec ce processus. Il est tragique de voir que le problème a été si souvent confondu avec la solution. Seule une vraie compréhension du problème peut conduire à sa solution.

3- Une réévaluation de la position morale

Dans la question de la condition homosexuelle, on a notoirement et malheureusement négligé les considérations sur le développement pré-adulte, et sur la relation parent-enfant. Or, l'acte sexuel avec une personne du même sexe est déviant, non pas parce qu'il occulte la relation homme-femme, mais parce que l'activité sexuelle ne convient pas à des relations pré-adultes, qui sont celle de l'enfant avec le parent du même sexe.

Certes, l'accession à la complémentarité homme-femme fait partie de la maturité affective, mais cette complémentarité est le but du développement humain et non quelque chose que l'on reçoit tout fait dès le départ.

Nous n'avons pas d'un côté une humanité homosexuelle, et de l'autre une humanité hétérosexuelle, mais plutôt des gens qui ont une identité complète par rapport au même sexe et d'autres gens qui ont une identité incomplète, à des degrés divers, par rapport au même sexe. Le but consiste donc à avoir une identité complète par rapport à son propre sexe.

Ainsi, la pulsion réparatrice, celle qui nous pousse à rechercher l'affection du même sexe, fait partie de la solution, et non du problème. Premièrement, le simple fait que l'affection pour le même sexe est en elle-même la recherche de la complétude psychologique montre que l'orientation et la maîtrise de la pulsion homosexuelle passe par la satisfaction de besoins affectifs non comblés.

Entraver le désir homosexuel (je parle ici du désir affectif impliquant une intimité corporelle distincte de son expression proprement sexuelle), c'est entraver le processus même de maturation. Celle-ci ne peut pas être atteinte tant que les besoins affectifs vis-à-vis des personnes du même sexe n'ont pas été comblés. Le but n'est donc pas d'abord le changement des comportements sexuels, mais la satisfaction de besoins affectifs légitimes qui en retour entraînent un changement sans la pulsion sexuelle.

Ces besoins légitimes doivent être comblés de manières légitimes, c'est-à-dire non sexuellement à travers l'amitié intime, même corporellement, avec des personnes du même sexe. Ces amitiés profondes, qui vont jusqu'à l'abandon physique à l'autre dans la confiance, jouent un rôle central, en fait essentiel, dans la résolution au problème de l'homosexualité.

Ceux qui affirment que l'homosexualité est totalement contre nature ont à la fois raison et tort. Ils ont raison en affirmant le caractère inapproprié de l'activité homosexuelle, qui est la sexualisation de besoins psychologiques pré-adultes. Mais ils ont tort en laissant entendre qu'il n'y a pas de besoins légitimes dans la condition homosexuelle.

Condamner l'amour homosexuel, en dehors de sa sexualisation, c'est condamner le besoin d'amour non-comblé de l'enfant pour le parent du même sexe. Les besoins sont normaux ; c'est le fait qu'ils n'ont pas été comblés dans le processus de croissance qui est anormal.

On dit aussi parfois que l'homosexualité est anti-famille. En fait, l'homosexualité n'est pas anti-famille ; elle confirme plutôt le besoin de la famille chez l'enfant et combien il est important que celui-ci reçoive la sollicitude de ses parents, surtout de ceux du même sexe que lui.

L'homosexuel a un plus grand besoin de relations qu'un hétérosexuel célibataire ; en effet, la condition homosexuelle indique la quête d'amour parental d'un enfant, tandis que le célibataire hétérosexuel illustre le besoin qu'un adulte a de la sollicitude d'un autre adulte. Etre un adulte célibataire est une chose, porter encore en soi comme adulte un enfant sans parent en est une autre.

Lorsque qu'il y a eu ce déficit affectif dans la vie d'une personne, il peut être rééquilibré dans l'amitié par des relations de substitution. Pour cela les besoins affectifs légitimes doivent être comblés, mais sans sexualisation, laquelle en fait les frustrerait. C'est l'expression sexuelle de besoins psychologiques pré-adultes qui fait de la pulsion homosexuelle une impasse.

L'amour est important, mais l'amour n'est pas toujours destiné à être sexuel. Il est bien plus grand que ses expressions sexuelles. Je ne mets pas en question la beauté de la sexualité humaine, mais j'affirme simplement que l'homosexualité, appelée ainsi à tort, n'est pas essentiellement une condition sexuelle, car son désir profond vient de l'enfance.

Si l'ambivalence d'une personne envers le même sexe était résolue et ses besoins comblés, le relation homosexuelle n'aurait plus de raison d'être, tout comme la relation de dépendance des enfants envers les parents n'a un jour plus de raison d'être. Je veux dire par là que la nature de l'attraction réparatrice homosexuelle fait que la relation homosexuelle est, de manière inhérente, quelque chose de limité. La durée de la condition homosexuelle ne fait qu'indiquer le manque permanent de solution dans les déficits affectifs envers le même sexe.

Le mariage ne peut pas non plus être considéré comme une cure pour l'homosexualité, étant donné qu'une relation avec le sexe opposé ne peut pas répondre aux déficits relationnels envers le même sexe.

L'ignorance a conduit bien des gens à penser que l'attraction réparatrice vers la personne du même sexe était le problème, plutôt que la solution. L'homosexualité est un déficit relationnel à l'égard du même sexe, et non du sexe opposé. La barrière principale chez l'homosexuel est le détachement défensif vis-à-vis du même sexe. C'est cet obstacle, avec les besoins légitimes non comblés qui s'y rattachent qu'il faut affronter correctement.

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