Accueil

Aelred, l'amitié au coeur de sa vie L'homosexualité : une nouvelle approche L'énigme de l'homosexualité

A l'attention des chrétiens

Références

Témoignages

Comment nous contacter ?

frat.aelred@hotmail.fr


Compteur visiteurs depuis le 20/06/2008

Pourquoi Aelred de Rievaulx
Et qui est-il ?
Que dit-il de l'amitié masculine ?


CE QUE DIT AELRED DES ATTIRANCES À L'AMOUR D'AMITIE


LES DIVERS TYPES D'AMITIE


CE QU'EST L'AMOUR D'AMITIE


UN DES GESTES DE L'AMOUR D'AMITIE


LES ÉTAPES DE L'AMOUR D'AMITIE


L'AMOUR D'AMITIE CRÉE L'EGALITE


L'AMOUR DES AMIS AUX DIFFERENTS AGES DE LA VIE

Pourquoi le taire ? Les premiers à constituer la communion fraternelle Aelred ont été des chrétiens. Ils ont donc spontanément adopté Aelred de Rievaulx, un moine cistercien du XII° siècle porteur du même besoin affectif qu'eux, comme modèle dans leur redécouverte de l'amour d'amitié. Mais ils tiennent à proposer celui-ci simplement pour la voie qu'il trace à l'affectivité humaine, sans donner à cette communion fraternelle un caractère confessionnel, lequel pourrait sembler impliquer de leur part une intention de prosélytisme religieux. Chacun est donc accueilli ici pour lui-même, dans le respect de ses convictions religieuses.

La vie d'Aelred permet par elle-même de comprendre que, malgré la distance de temps et de condition qui nous sépare de ce moine anglais du XII° siècle, son expérience humaine de l'amour d'amitié a beaucoup à nous apprendre encore, à nous hommes du XXI° siècle.

Aelred, dont le nom vient du germain "adal" (noble) et "rad" (conseil), était fils d'Eilaf, prêtre marié d'Exham, dans le Nord de l'Angleterre. Sa famille était d'origine celte, alors que l'Angleterre venait d'être conquise par les Normands. Il est né vers 1110 et a été ensuite élevé à Durham et Roxburgh. Vers 1130 il est reçu à la cour d'Ecosse par le roi David, fils de la reine Marguerite d'Ecosse. Il y devint sénéchal et proche des fils du roi : Henry de Huntingdon, auquel il se lia étroitement d'une amitié « plus douce que toutes les douceurs de sa vie »51, et Waldef, qui deviendrait plus tard religieux comme lui.

Entraîné dans des amitiés passionnées, Aelred reconnaît avoir connu l'homosexualité pendant sa jeunesse :

« Lorsque j'étais encore aux études et que le charme de mes compagnons faisait toutes mes délices, gagné par les habitudes et les vices auxquels cet âge est enclin, je me donnai tout entier au sentiment d'affection et je me vouai à l'amour au point que rien ne me parut plus doux, plus agréable que d'être aimé et d'aimer. Prises dans les fluctuations de diverses liaisons amicales, mon âme était ballottée çà et là ; ignorant les lois de la véritable amitié, elle se laissait souvent tromper par ce qui y ressemble »52. Il reconnaît ailleurs qu'en lui « se dégageait un nuage de convoitise à partir de la concupiscence limoneuse de la chair et du jaillissement de la puberté » et qu'« en convergeant, la douceur de l'affection et la convoitise de l'impureté ravissaient mon âge encore inexpérimenté »53. Il avoue plus tard humblement à sa sœur, qui vivait en recluse : « Autant j'étais misérable alors, moi qui perdis ma pureté, autant tu étais heureuse, toi, dont la grâce divine protégea la virginité »54.

Il fut délivré de cette recherche passionnelle de l'amour par un livre d'un sage de l'Antiquité, qui le mit sur le chemin de l'authentique amour d'amitié. « Un jour enfin, le livre que Cicéron écrivit sur l'amitié (De amicitia) me tomba entre les mains ; il m'apparut aussitôt profitable par la profondeur des idées émises, et délectable par la façon dont elles étaient exposées. Bien que je ne me voyais pas à la hauteur d'une telle amitié, je me félicitais cependant d'avoir découvert une espèce de méthode susceptible de canaliser les va-et-vient de mes amours et de mes affections »55.

Le roi voulait faire de lui un évêque, mais en 1134, au cours d'une ambassade en Angleterre, il passe par l'abbaye cistercienne de Rievaulx dans le Yorkshire, tout récemment fondée, et décide d'y entrer comme moine. Il connaît dans sa jeunesse monastique une première amitié spirituelle avec le moine Simon, lequel meurt en 1142 : « Les règles de notre ordre nous interdisent de parler, mais son visage me parlait, son attitude me parlait, son silence me parlait »56. Plus tard il parlera à nouveau de lui dans son traité sur L'amitié spirituelle.

Il devient père maître des novices. Envoyé à Rome en 1142, sur le chemin du retour il rencontre à l'abbaye de Clairvaux S. Bernard, fondateur de l'ordre des cisterciens. Celui-ci lui demande d'écrire son premier livre, intitulé Le miroir de la charité, où il parle déjà longuement de l'amour d'amitié dans le Christ. En 1143 il devient abbé de Revensby dans le Lincolnshire, maison fille de Rievaulx. Il est élu abbé de Rievaulx en 1147. Il connaît alors une seconde grande amitié avec un moine plus jeune dont il fait son sous-prieur : « D'après moi mon cœur était en quelque sorte le sien et son cœur était le mien, et il pensait de même. [...] Ainsi attelés l'un à l'autre, nous portions ce que je n'aurais pas su porter seul »57. Il écrit pendant son abbatiat les trois dialogues sur L'amitié spirituelle : le premier a précédé de plusieurs années les deux autres, qui datent de la fin de la vie d'Aelred (1164-1167). Il a mis en pratique ce qu'il enseigne en n'empêchant pas ses moines, nous dit Walter Daniel son biographe, à échanger des gestes d'affection amicale, tels que se tenir les mains58. Il meurt, après une longue et douloureuse maladie, le 12 janvier 1167. Il est fêté comme saint le 12 janvier par l'Eglise Catholique et dans la Communion Anglicane.

Comment ne pas écouter cet homme de cœur quand il nous parle de l'amour d'amitié ? Le besoin affectif d'amitié masculine l'avait fait dans sa première jeunesse s'adonner à l'homosexualité, mais le désir profond de vraies amitiés l'en a ensuite détourné, sans lui faire pour autant renoncer à la tendresse dans les sentiments et dans les gestes qui les expriment.

Les œuvres d'Aelred de Rievaulx concernant l'amitié masculine sont les suivantes :

- Le miroir de la charité, coll. « Vie monastique n° 27 », éd. de l'abbaye de Bellefontaine.

- L'amitié spirituelle, coll. « Vie monastique n° 30 », éd. de l'abbaye de Bellefontaine.

La vie d'Aelred, abbé de Rievaulx, par Walter Daniel, coll. « Le pain de Cîteaux » série 3 n° 19, éd. abbaye cistercienne Notre-Dame du Lac, Canada.


CE QUE DIT AELRED DES ATTIRANCES À L'AMOUR D'AMITIE

Lorsque j'étais encore aux études et que le charme de mes compagnons faisait toutes mes délices, gagné par les habitudes et les vices auxquels cet âge est enclin, je me donnai tout entier au sentiment d'affection et je me vouai à l'amour au point que rien ne me parut plus doux, plus agréable que d'être aimé et d'aimer. Prises dans les fluctuations de diverses liaisons amicales, mon âme était ballottée çà et là ; ignorant les lois de la véritable amitié, elle se laissait souvent tromper par ce qui y ressemble. Un jour enfin, le livre que Cicéron écrivit sur l'amitié9 me tomba entre les mains ; il m'apparut aussitôt profitable, par la profondeur des idées émises, et délectable par la façon dont elles étaient exposées. Bien que je ne me visses pas à la hauteur d'une telle amitié, je me félicitais néanmoins d'avoir découvert une espèce de méthode susceptible de canaliser les va-et-vient de mes amours et de mes affections10.

Le sentiment d'attirance sensible a une double origine. Ce n'est généralement pas la vertu ou le vice d'une personne qui font pencher vers elle l'esprit de celui qui la regarde, mais une certaine manière d'être tout extérieure : une allure distinguée, une conversation agréable, une démarche posée, la beauté d'un visage suscitent facilement et éveillent une attirance, alors même qu'on ne sait pas quel genre de personne c'est11.

Je veux maintenant sonder d'abord les replis de ma conscience pour ne pas me leurrer sur des sentiments de ce genre, s'il m'arrivait d'en ignorer le motif ou l'origine. Puis donc que celui vers qui mon esprit est attiré par un doux penchant, quoique moins parfait, n'est pourtant pas vicieux mais bien plutôt paré de nombreuses vertus, pourquoi ne pas penser que ce sentiment d'attirance a pour principe la vertu ? Dès lors, ne faut-il pas l'accueillir au lieu d'en avoir peur ? Mais si je prétends que la vertu est l'origine et le motif de ce sentiment, pourquoi celui-ci ne s'oriente-t-il pas plus facilement, ou au moins pareillement, vers quelqu'un d'autre que je sais être plus vertueux ? Faut-il donc taxer de charnelle une attirance qui est engendrée par la bienséance tout extérieure d'une personne ? Mais alors, comment se fait-il que je ne m'attache pas aussi complaisamment à quelqu'un qui est d'un abord tout aussi séduisant mais que j'estime vicieux ? Il est en effet arrivé quelquefois que la manière d'être de quelqu'un fasse très fort pencher mon esprit vers lui aussi longtemps que je l'espérais vertueux et que j'ignorais ses vices. Dès que ceux-ci m'apparurent, l'attrait que j'éprouvais s'évanouit et fit place à une vive répulsion intérieure12.

Il n'en va pas autrement lorsqu'on est en face de deux personnes dont l'une est affable, accueillante, d'aspect sympathique, enjouée dans la conversation ; par un certain charme extérieur, elle s'insinue dans le cœur de ceux qui la regardent. L'autre personne est dure et austère ; par son extrême gravité, elle inspire presque de la crainte à ceux qui la regardent. Aussi longtemps que la vertu et le vice de l'une et de l'autre sont cachées, qui irait reprocher d'accepter plus aisément la première - par sentiment intime - et de rejeter l'autre - par élan instinctif, non par volonté et raison - ? Si, par ailleurs, on sait que ces personnes se valent dans les autres vertus, ou si même il se trouve que la plus enjouée soit moins parfaite en quelques vertus, il n'est pas étonnant ni dénué de fondement que la vertu soit plus agréablement appréciée quand elle se présente sous un extérieur aimable13.

Ainsi donc, le sentiment d'attirance qui est provoqué par la beauté physique d'une personne ne doit être ni totalement rejeté, ni accepté tel qu'il se présente. Ce sentiment, en effet, est proche de celui qui mène au vice : si l'on ne se tient pas soigneusement sur ses gardes à propos du premier, on glissera vers le second presque sans s'en apercevoir. Cet attrait sensible ne peut être admis de manière salutaire qu'à la condition d'être admis sans précipitation et avec une certaine modération de sorte que, si la vertu transparaît dans la personne, on s'attachera plus facilement à elle, tandis que si c'est le vice qui apparaît, on s'appliquera plus efficacement à son amendement. Cependant, ceux qui sont encore assaillis par les vices de la chair ont à repousser délibérément cette attirance qu'ils ne pourraient que très rarement éprouver sans être chatouillés par le vice14.

A propos des sentiments d'attirance, il faut encore dire qu'il y a parfois rivalité entre plusieurs d'entre eux dans une même âme ; d'une certaine façon ils s'efforcent de s'expulser mutuellement. Quand cela arrive, il faut beaucoup de discernement pour reconnaître celui qui doit passer avant les autres ; et la vertu est nécessaire pour ne pas laisser un attrait inférieur prendre le pas sur un autre plus élevé. (...) Ce n'était pas pour faire du tort à son père que le jeune et excellent Jonathan révéla à David - auquel il était lié par un pacte sacré - le dessein qu'avait son père de le faire mourir15, mais il fit passer à bon droit l'attrait raisonnable avant l'attrait naturel. Si la bienveillance pour un ami a éclipsé dans son cœur très saint l'affection pour son père, il n'est pas étonnant non plus qu'il ait, avec un courage indéfectible, méprisé le tort que cela allait, pensait-il, lui causer à lui-même. Quand, par la suite, cet homme d'une charité invincible courut au-devant de David qui fuyait Saül et lui révéla en endroit secret les desseins de son père, quand, parmi les embrassades et les baisers, ils pleurèrent ensemble16 et, par de pieuses larmes, se rendirent témoignage d'une affection dévouée, après avoir renouvelé leur pacte, Jonathan lança ces mots : « C'est toi qui seras roi, et moi je serai le second après toi17.

Plus amère que la mort, leur séparation était assurément imminente, elle qui allait priver ces cœurs inséparables de leur mutuelle présence, qui allait faire cesser leurs doux entretiens, les soulagements réconfortants au milieu des dangers, et les échanges de confidences qui l'emportent sur la vie même ; voilà pourquoi « ils pleuraient tous deux ». Regarde, je t'en prie, un homme dont la dilection est parfaitement réglée : Jonathan devait de l'affection à son ami, mais de la déférence à son père. Il devait de la bienveillance à son ami, mais de l'attention à son père vieillissant. S'il s'était attaché à son ami en suivant le sentiment d'attirance, il aurait failli envers son père qui avait droit à sa dilection. Mais si, à l'instigation de son père ou même sous sa contrainte, il avait retiré sa bienveillance à son ami, il aurait violé le pacte qu'il avait fait et la loi de la sacro-sainte amitié. En vertu de ce sentiment, l'union agréait à l'un et à l'autre ; mais en vertu de la raison, c'est la séparation qui leur agréait. Ainsi donc, en pleurant, ils s'acquittaient de ce qu'ils devaient au sentiment d'attirance, mais en se séparant - bien malgré eux - ils cédaient à la raison. Ils pleuraient l'un et l'autre parce qu'ils s'aimaient l'un l'autre18.

LES DIVERS TYPES D'AMITIE

Il y a une amitié puérile, née d'un sentiment fluctuant et frivole, qui s'offre à tout passant sans être raisonnée, ni pesée, ni mesurée, ni considérée en fonction des avantages ni des inconvénients. Pour un temps elle touche vivement le cœur, l'étreint avec force, le séduit par sa douceur. Mais un sentiment irraisonné est un sentiment instinctif, porté à n'importe quel acte illicite et même incapable de discerner entre ce qui est licite et ce qui ne l'est pas. La plupart du temps un sentiment affectif précède l'amitié, mais il ne faut jamais lui obéir s'il n'est guidé par la raison, modéré par la vertu morale et réglé par la justice. Ainsi donc ceux que charme la douceur de l'amour d'amitié évitent absolument cette amitié que nous avons appelée puérile - car le sentiment affectif prédomine surtout chez les enfants - en tant qu'elle est peu sûre, instable et toujours mêlée de passions impures. Disons qu'elle est moins une amitié qu'un poison de l'amitié : on ne parvient jamais à y garder la mesure convenable de l'amour, qui va d'une âme à l'autre, mais une espèce de fumée provenant de la concupiscence charnelle obscurcit et corrompt ce qu'il y a en elle de meilleur ; en tenant pour négligeable ce qui est spirituel, elle entraîne vers les désirs de la chair. C'est pourquoi faisons en sorte que les débuts d'une amitié spirituelle soient accompagnés de la pureté d'intention, du magistère de la raison et du frein de la tempérance ; ainsi le délicieux sentiment affectif sera ressenti avec une telle douceur qu'il ne pourra jamais manquer d'être bien réglé.

Il y a en outre une amitié qui est provoquée par la considération d'un quelconque avantage à en retirer ; beaucoup pensent qu'il faut la rechercher, la cultiver et la maintenir pour ce motif, mais si nous admettons ce principe, nous allons exclure bien des gens qui sont pourtant dignes d'être aimés : ceux qui n'ont rien, ne possèdent rie, et dont on ne peut évidemment pas obtenir ou espérer un profit temporel. En revanche, si vous comptez parmi les choses profitables un conseil dans le doute, un réconfort dans l'infortune et autres choses semblables, vous pouvez certainement attendre cela de la part d'un ami, mais comme conséquence de l'amitié, non comme condition. Car il ne sait pas encore ce q'est l'amitié celui qui veut y trouver une autre récompense qu'elle-même. (...) Ce n'est pas l'espoir d'un profit à venir, mais la contemplation de la vertu qui consacra le fameux pacte entre David et Jonathan ; nous savons pourtant que cela apporta beaucoup à l'un et à l'autre : l'ingéniosité de Jonathan sauva la vie de David19 et, grâce à la bienfaisance de celui-ci, la postérité de Jonathan ne fut pas supprimée. Puis donc qu'entre gens de bien l'amitié est toujours première et le profit second, ce n'est pas tant le profit procuré par un ami que l'amour même de cet ami qui fait le charme de l'amitié20.

Cet attrait sensible consacra dès le début le très saint amour entre David et Jonathan et tissa entre eux, par le pacte d'une très précieuse charité, le lien d'une complaisance réciproque que même l'autorité du père ne put briser21. Chez tout autre que Jonathan, la jalousie aurait pris racine à la vue d'un enfant sans armes terrassant, avec un courage inébranlable, le géant vêtu de sa cuirasse22. Mais chez cet excellent adolescent, il en résulta un accroissement de vertu : l'ami de la vertu fut incité à éprouver de l'affection pour un vertueux jeune homme, comme le dit l'Ecriture : « L'âme de Jonathan s'attacha à l'âme de David, car Jonathan l'aima comme lui-même » (1 Sam 18, 1)23.

CE QU'EST L'AMOUR D'AMITIE

Il me semble qu'ami vient d'amour et amitié d'ami. Or, l'amour est un élan de l'âme raisonnable par lequel elle recherche ardemment et convoite une chose pour en jouir, par lequel aussi elle en jouit en la savourant à l'intérieur d'elle-même, par lequel elle l'étreint et la garde une fois qu'elle l'a acquise. Dans notre Miroir de la charité j'ai soigneusement et le plus clairement possible parlé de cet élan et du mouvement de l'amour24.

Un ami, c'est comme un gardien de l'amour ou, selon d'autres avis, un gardien de l'âme elle-même ; car mon ami doit être le gardien de notre amour mutuel ou plus exactement le gardien de mon âme elle-même, de sorte qu'il en préserve tous les secrets par son silence à toute épreuve, qu'il soigne le mieux possible et supporte ce qu'il verra en elle de défectueux, qu'il se réjouisse avec son ami qui est dans la joie, qu'il s'attriste avec lui quand il est dans la peine et qu'il considère comme sien tout ce qui concerne son ami. L'amitié est donc cette vertu qui unit les âmes par un tel lien de dilection et de tendresse qu'à plusieurs elles ne font plus qu'un. Voilà pourquoi même les philosophes de ce monde n'ont pas rangé l'amitié parmi les choses aléatoires et périssables, mais parmi les vertus éternelles. Dans le livre des Proverbes, Salomon est d'accord avec eux quand il dit : « L'ami aime tout le temps »25 ; c'est affirmer clairement que, si elles est vraie, l'amitié est éternelle ; en revanche, si elle vient à cesser, là même où on la croyait présente, elle n'était pas véritable26.

C'est bien à tort qu'ils revendiquent le mot splendide d'amitié ceux qui sont de connivence avec le vice. Car celui qui n'aime pas n'est pas ami ; et il n'aime pas l'être humain celui qui aime l'iniquité. En effet, celui qui aime l'iniquité, n'aime pas son âme, mais il la hait. Or celui qui n'aime pas son âme ne saurait aimer celle d'autrui. On peut en conclure que ces gens-là se glorifient du seul nom d'amitié : ils se laissent tromper par ce qui lui ressemble et ne sont pas conduits par la vérité. Néanmoins, si une telle amitié, salie par la passion, défigurée par la cupidité, souillée par la débauche, procure tant de douceur, quelles délices n'est-on pas en droit d'attendre de la véritable amitié qui est d'autant plus sûre qu'elle est plus digne de considération, d'autant plus remplie de charme qu'elle est plus chaste, d'autant plus délicieuse qu'elle est dégagée de toute entrave27.

Supportons pourtant d'appeler aussi amitiés celles qui ne sont pas véritables, puisqu'on y perçoit une certaine ressemblance dans les sentiments. Mais des indices sûrs permettent des les distinguer de celle qui est spirituelle et donc véritable.

L'amitié charnelle débute par une affection qui s'offre à tout passant, à l'exemple de ce que font les femmes de mauvaise vie ; on y fornique de diverses manières en se laissant entraîner par les sens de l'ouïe et de la vue par où pénètre jusqu'à l'esprit l'image des corps à la belle apparence et des plaisirs sensibles ; on s'estime heureux de pouvoir en jouir à volonté mais il serait plus agréable, pense-t-on, de pouvoir en jouir avec un compagnon. Alors, par un geste, un signe, des paroles, des bienfaits, on s'enchaîne l'un à l'autre, on s'enflamme l'un l'autre, on se fond l'un dans l'autre. Une fois engagé dans ce pacte misérable, chacun est prêt à commettre ou à subir pour l'autre n'importe quel crime, n'importe quelle impiété. D'après eux, rien n'et plus doux, rien n'est plus juste que cette amitié ; s'ils ont même vouloir et même non-vouloir, ils s'estiment régis par les lois de l'amitié. Une telle amitié s'engage sans délibération, elle n'est vérifiée par aucun discernement, elle n'est pas gouvernée par la raison mais elle est entraînée en sens divers selon les caprices de l'affectivité ; elle ne garde pas la mesure, elle n'amène rien d'honorable, elle ne fait pas attention à ce qui est convenable ou non, elle va étourdiment de l'avant, sans réflexion, sans retenue, sans modération. De là vient qu'elle se consume elle-même en étant comme prise d'accès de folie, ou bien elle se dénoue aussi facilement qu'elle avait commencé28.

Celle que nous avons appelée l'amitié véritable n'est pas désirée dans la perspective d'un quelconque avantage matériel ni pour un motif extrinsèque, mais à cause de sa valeur propre et en vertu des sentiments du cœur humain, de sorte que son fruit et sa récompense ne sont autres qu'elle-même. (...) Car dans la véritable amitié, on va en progressant et on recueille le fruit en goûtant la douceur qu'elle renferme quand elle est parfaite. (...) Là où existe une telle amitié, là existe certainement le même vouloir et le même non-vouloir, d'autant plus doux qu'il est plus sincère, d'autant plus suave qu'il est plus vertueux. Ceux qui s'aiment ainsi ne peuvent que vouloir ce qui convient et ne pas vouloir ce qui n'est pas de mise. Cette amitié, la prudence l'oriente, la justice la régit, la tempérance la modère29.

UN DES GESTES DE L'AMOUR D'AMITIE

Réfléchissons aux caractéristiques du baiser corporel, afin de passer ensuite du domaine corporel au spirituel. Pour alimenter sa vie, l'être humain a besoin de deux choses : la nourriture et l'air. Il peut subsister assez longtemps sans nourriture ; mais il ne peut pas rester sans air, fût-ce une seule heure. Par conséquent, pour vivre nous aspirons l'air par la bouche et nous l'expirons. Ce qui est exhalé ou inhalé s'appelle « souffle ». Dans le baiser, deux souffles se rencontrent, se mêlent et s'unissent. Cela engendre dans l'âme un certain charme qui émeut ceux qui le donnent et resserre leur affection.

Le baiser corporel se fait par la pression des lèvres, le baiser spirituel par l'union des âmes. Le baiser corporel ne doit être donné ou reçu que pour des motifs précis et honnêtes, par exemple en signe de réconciliation, quand deux hommes deviennent amis d'ennemis qu'ils étaient ; en signe de paix comme le font à l'église ceux qui vont communier, en exprimant par un baiser visible la paix qui est en eux ; en signe de dilection, comme il est permis de l'échanger aux époux ou comme des amis se le donnent après une longue absence ; en signe de l'unité catholique comme lorsqu'on accueille un hôte. Mais, de même que la plupart des gens font un mauvais usage de l'eau, du feu, du fer, de la nourriture et de l'air, qui sont naturellement bons, en en faisant des complices de leur cruauté ou de leur sensualité, de même les êtres pervers et débauchés vont jusqu'à essayer de pimenter en quelque sorte leurs infamies avec ce baiser, bon en soi, que la loi naturelle a instauré pour signifier ce que nous avons dit. Par leur bassesse ils souillent ce baiser : s'embrasser ainsi, c'est être adultère. N'importe quel honnête homme comprend qu'il faut exécrer, repousser, fuir pareille manière de faire, et s'y opposer30.

LES ÉTAPES DE L'AMOUR D'AMITIE

L'amour procède du seul sentiment quand quelqu'un s'attire l'affection d'autrui sur la base de qualités purement physiques, comme la beauté, la force ou l'éloquence. Il procède à la fois de la raison et d'un sentiment d'attirance quand la raison nous persuade d'aimer quelqu'un à cause du mérite de ses vertus et qu'en même temps cette personne s'insinue en nous  par la douceur de son comportement et le charme de sa vie remarquable ; ainsi, la raison se joint au sentiment, en sorte que l'amour soit chaste grâce à la raison et plein de charme grâce au sentiment d'attirance. De ces divers amours, quel est à votre avis celui qui convient le mieux à l'amitié ?

- Gautier : C'est évidemment ce dernier, celui que la contemplation des vertus fait naître et que la douceur du comportement embellit. Mais je voudrais savoir si tous ceux que nous aimons de la sorte peuvent être admis aux confidences de l'amitié.

- (...) Nous ne devons pas prendre en amitié tous ceux que nous aimons, car ils ne sont pas tous aptes à cela. En effet, un ami est quelqu'un qui participe à ce que tu vis ; tu unis et tu attaches ton esprit au sien au point de ne vouloir faire plus qu'un en les mêlant l'un à l'autre ; tu te confies à lui comme à un autre toi-même, tu ne lui caches rien, tu ne redoutes rien de sa part. Il faut donc avant tout choisir quelqu'un capable de cela ; il faut ensuite le mettre à l'épreuve et enfin l'admettre. Car l'amitié doit être stable et présenter comme un reflet de l'éternité par sa persévérance dans l'affection. C'est pourquoi nous ne devons pas changer d'amis au gré de nos lubies, à la manière des enfants. Il n'y a pas d'être plus abominable que celui qui lèse l'amitié ; il n'y a pas de tourment plus affreux que d'être abandonné ou attaqué par un ami. Il faut donc le choisir avec le plus grand soin et le mettre à l'épreuve avec la plus grande circonspection. Cependant, une fois que tu l'auras admis, tu devras le supporter, le traiter et le suivre de telle sorte que, aussi longtemps il ne s'est pas écarté définitivement du fondement vertueux de l'amitié, il soit à toi et toi à lui, pour les choses aussi bien matérielles que spirituelles et qu'il n'y ait entre vous aucun désaccord sur le plan de la pensée, des sentiments, de la volonté, des manières de voir31.

L'AMOUR D'AMITIE CRÉE L'EGALITE

La valeur de l'amitié consiste à mettre sur pied d'égalité l'inférieur et le supérieur. Il arrive souvent, en effet, que des personnes haut placées adoptent pour amis des gens qui leur sont inférieurs par le rang, la classe sociale, la fonction ou l'instruction ; elles doivent tenir pour négligeables ce qui est ajouté à l'état de nature, considérer tout cela comme étant du néant et du vent, tenir leurs regards fixés sur la beauté de l'amitié qui n'a que faire des soieries et des pierres précieuses pour s'embellir, des propriétés pour s'accroître, des biens raffinés pour prospérer, des richesses pour se développer, des charges publiques pour s'élever, des dignités pour progresser ; revenant au principe originel, ces personnes doivent considérer avec clairvoyance l'égalité que nous tenons de la nature et non les à-côtés que la convoitise des mortels y a ajoutés. C'est pourquoi dans l'amitié il faut que le plus grand s'abaisse et que le plus petit s'élève, que le riche soit dans le besoin et que le pauvre s'enrichisse, que chacun partage sa condition avec l'autre pour que s'établisse l'égalité. Ne cherche donc jamais à t'élever au-dessus de ton ami, mais si tu lui es supérieur en l'un des points dont nous avons parlé, n'hésite pas à te faire d'autant plus petit devant lui, à lui inspirer confiance, à chasser sa timidité et à l'honorer d'autant plus que son rang et sa pauvreté l'exige moins.

Jonathan, le plus noble des jeunes gens, sans égard pour son ascendance royale ni pour sa qualité d'héritier du trône, contracta alliance avec David ; il rendit, dans l'amitié, le serviteur égal au maître et l'éleva au-dessus de lui-même quand David fuyait devant Saül, qu'il se cachait au désert, qu'il était voué à la mort et destiné à périr ; s'abaissant lui-même et exaltant David, Jonathan dit : « Toi, tu seras roi et moi je serai le second après toi »32. Quel splendide exemple de véritable amitié ! Chose étonnante : le roi est déchaîné contre son serviteur, il soulève la nation contre David, comme si celui-ci était son rival, (...) ; tous promettent de venger l'indignation du roi ; seul Jonathan, qui seul aurait pu avoir des raisons d'être malveillant, estime devoir résister à son père, céder le pas à son ami, le conseiller dans tous ses malheurs ; plaçant l'amitié au-dessus de la royauté, il dit : « Toi tu seras le roi et moi je serai le second après toi »33.

L'AMOUR DES AMIS AUX DIFFERENTS AGES DE LA VIE

J'évoque deux de mes amis : ils ont été retirés des choses de la vie présente, mais ils sont vivants pour moi et ils le seront à jamais. (...) Quand je pense à ces deux amitiés, je m'aperçois que la première était davantage fondée sur le sentiment et l'autre sur la raison, quoique l'affection ne manqua pas en celle-ci, ni la raison en celle-là34.

Simon

Je m'étais lié au premier au début de ma vie religieuse, alors que j'étais encore tout jeune : nos habitudes de vie étaient semblables et nos goûts identiques. (...) Je ne réclamais rien de lui, je ne lui accordais rien si ce n'est de l'affection et un je ne sais quoi de tendrement affectueux35.

Le premier de ces amis m'a été enlevé dès le début de mon amitié ; j'ai pu le choisir, selon ce que j'ai dit plus haut, non le mettre à l'épreuve.

Les règles de notre ordre nous interdisent de parler, mais son visage me parlait, son attitude me parlait, son silence me parlait »36.

La mort récente de mon cher Simon me contraint à donner libre cours à mes larmes37. C'est probablement la raison des craintes qui la nuit agitaient mon esprit et des cauchemars qui m'arrachaient à l'indispensable repos : mon très cher ami allait soudain être enlevé de cette terre. Il n'y a rien d'étonnant à ce que mon esprit ait eu par ces troubles le pressentiment de la mort de celui dont la vie me donnait tant de joie. Voici que toutes mes craintes se réalisent, ce que je redoutais arrive. Pourquoi le dissimuler ? pourquoi me taire ? Peut-être est-ce à cause de cela que cette épreuve me tenaille ? Que vienne donc à mes yeux, que vienne à mes lèvres ce qui est caché dans mon cœur ! Ah, si du moins le cœur de l'affligé pouvait exsuder par des gouttes de larmes et des bribes de paroles, s'il pouvait exsuder la tristesse qui l'atteint au fond de l'être ! Vous vous étonnez que je pleure ? Etonnez-vous plutôt que je vive. Qui, en effet, ne s'étonnerait qu'Aelred vive sans Simon, à moins d'ignorer combien il fut doux de vivre ensemble, combien il eût été doux de mourir en même temps ? Supportez donc patiemment mes larmes, mon gémissement, le rugissement de mon cœur.

Et toi mon bien-aimé, (...) permets que je verse sur toi mes larmes, que je donne libre cours à mon affection pour toi, que je fasse entrer en toi, si possible, mon âme tout entière. Ne m'interdis pas ces larmes que ton doux souvenir fait couler, frère très cher38.

Pour toi il faut se réjouir, pour moi il faut pleurer, moi qui peux vivre sans Simon. Mes entrailles me sont comme arrachées, ma malheureuse âme est comme en lambeaux. Et l'on appelle cela vivre ? Ô qu'il est triste de vivre, qu'il est désolant de vivre quand il s'agit de vivre sans Simon !39

Voilà ce que j'ai perdu, voilà ce qui m'a été enlevé ! Où t'en es-tu allé, ô modèle de ma vie, harmonisation de mes habitudes de vie ? Où es-tu part ? Que vais-je faire ? Vers qui vais-je me tourner ? Qui vais-je suivre ? Comment as-tu été arraché à mes embrassements, soustrait à mes baisers, dérobé à mes regards ? Car je t'étreignais, frère bien-aimé, non de corps mais de cœur. Je t'embrassais, non par contact des lèvres mais par l'affection de l'âme. Je t'ai aimé, toi qui m'as pris en amitié dès le début de ma vie religieuse, qui te montras plus familier avec moi qu'avec d'autres, qui m'associas à ton Hugues au plus intime de ton âme. Tu nous chérissais tous deux si fort, tu avais pour nous une si semblable affection, un si égal dévouement que, d'après ce que j'ai conclu de tes paroles, l'élan affectif en toi ne se portait pas plus vers l'un que vers l'autre40.

Mais comment se fait-il, ô mon âme, que tu aies pu regarder pendant si longtemps cette touchante dépouille sans verser de larmes ? Comment as-tu pu laisser partir ce corps aimé sans le couvrir de baisers ? Malheureux que j'étais, je me désolais et je rugissais ; du plus profond de mon être je tirais de longs soupirs ; et pourtant je ne pleurais pas. J'entrevoyais que j'aurais tant à souffrir que je ne croyais pas encore souffrir, alors que je souffrais terriblement. Je le compris plus tard. (...) Mais maintenant cette stupeur a fait place à l'émotion, à la douleur, à l'attendrissement. Qu'allez-vous faire désormais, ô mes yeux, qu'allez-vous faire ? De grâce n'épargnez plus vos larmes, ne les dissimulez plus . A l'enterrement de mon bien-aimé, faites voir ce que vous avez, faites voir de ce que vous êtes capables. Pourquoi en rougirais-je ? (...°

Mais il se peut que quelques esprits forts condamnent aujourd'hui mes larmes, estimant que mon amour est trop humain. Qu'ils les interprètent comme ils les veulent. Ils ne voient que ce qui se passe au dehors, ils ne remarquent pas ce que je souffre à l'intérieur41.

Geoffroy ( ?)

L'autre ami était encore presque un enfant quand je le choisis et que je le mis à l'épreuve de multiples manières ; je le pris en grande amitié quand mon âge me faisait déjà grisonner. (...) Il était encore jeune quand je me l'associai pour partager mes soucis et me seconder dans les travaux qui me faisaient suer42.

Ce deuxième ami m'a été envoyé depuis sa jeunesse jusqu'à mon âge mûr : je l'aimai beaucoup et il parcourut avec moi tous les échelons de l'amitié, autant du moins qu'il est possible pour des gens imparfaits. La contemplation de ses vertus me fit pencher vers lui par attirance ; je l'avais amené autrefois des contrées du midi vers cette solitude du nord et je fus le premier à lui enseigner les disciplines régulières43.

Tout cela le fit merveilleusement pénétrer en moi et l'amena au plus intime de mon être : il était mon inférieur, j'en fis d'abord un compagnon, ensuite un ami, et enfin mon meilleur ami44. (...) C'est ainsi que notre amour grandit, que notre affection devint plus chaleureuse, que notre charité se fortifia jusqu'à ce que nous arrivâmes à ne faire plus qu'un cœur et qu'une âme, à avoir même vouloir et même non-vouloir. Exempt de crainte et à l'abri du soupçon, cet amour ignorait les froissements et il avait horreur de l'adulation. Entre-nous pas de faux semblants, pas de masque, pas de flatterie déplacée ni de dureté malvenue, pas de détours ni de recoins, mais tout était nu et à découvert. D'après moi mon cœur était en quelque sorte le sien et son cœur était le mien. (...) Ainsi attelés l'un à l'autre, nous supportions aisément ce que je n'aurais pas su porter seul45.

51 Le miroir de la charité 1, 28. Ce fut, dit-il, la principale résistance qu'il eut à vaincre en lui pour se décider à se faire moine.

52 L'amitié spirituelle, Prologue, 1.

53 La vie de recluse, 32.

54 Ibidem.

55 L'amitié spirituelle, Prologue, 1.

56 Le miroir de la charité 1, 107.

57 L'amitié spirituelle 3, 122-127.

58 La vie d'Aelred, abbé de Rievaulx, 31, 8.

9 L'amitié (De amicitia), coll. Guillaume Budé, éd. Les Belles Lettres, Paris 1971.

10 L'amitié spirituelle Prologue, 1.

11 Le miroir de la charité III, 15, 38.

12 Ibidem III, 19, 43.

13 Ibidem III, 19, 46.

14 Ibidem III, 27, 65.

15 1 Sam 19, 2.

16 1 Sam 20, 41.

17 1 Sam 23, 17.

18  Le miroir... III, 29, 69.71.

19 1 Sam 20, 4-42.

20 L'amitié... II, 57-64.

21 1 Sam 20, 30-34.

22 1 Sam 17, 50.

23.Le miroir de la charité III, 33.

24 Cf. plus haut.

25 Pro17, 17.

26 L'amitié... I, 19-20.

27 Ibidem I, 36.

28 Ibidem I, 37.39-41.

29 Ibidem I, 45-49.

30 Ibidem II, 21-25.

31 Ibidem III, 3-7.

32 1Sam 23, 17.

33 L'amitié... III, 90-92.

34 L'amitié... I, 119.

35 Ibidem.

36 Le miroir de la charité 1, 107.

37 Aelred a écrit ce qui suit dans Le miroir de la charité, bien des années avant qu'ait lieu le dialogue que rapporte le livre III de L'amitié spirituelle.

38 Le miroir... I, 98-99.

39 Ibidem I, 104.

40 Ibidem, I, 109.

41 Ibidem, I, 112.

42 L'amitié... III, 119.

43 Ibidem III, 120. S'agit-il de Geoffroy de Dinan dont il a été dit plus haut par Gratien : « Je me souviens maintenant d'un de tes amis d'outre-mer [les possessions de la couronne anglaise en France] dont tu nous as souvent parlé ; tu as eu la preuve qu'il était pour toi un véritable et très fidèle ami quand on répandit sur ton compte de fausses accusations : non seulement il n'y ajouta pas foi, mais il ne fut même pas troublé ou remué par la moindre hésitation. Tu ne pensais pas pouvoir en présumer autant de la part de ton grand ami, l'ancien sacristain de Clairvaux » (Ibidem III, 67). Walter Daniel (le fr. Gautier de L'amitié spirituelle), le biographe d'Aelred, dit de Geoffroy de Dinan qu'il était sacristain à Rievaulx (Lettre à Maurice 12). On a conservé là-bas un psautier de lui.

44 Ibidem III, 122.

45 Ibidem III, 124-127.